Dans les peintures monumentales d’Adrien Belgrand, l’eau est un miroir mouvant, dans les reflets duquel paysage et identité se dissolvent
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In the monumental paintings of Adrien Belgrand, water is a moving mirror, in the reflections of which landscape and identity dissolve.
Dans les peintures monumentales d’Adrien Belgrand, l’eau est un miroir mouvant, dans les reflets duquel paysage et identité se dissolvent
« (...) Comment représenter cette surface presque invisible, qui se confond avec le support de toile ou de papier ? Si certains progressent inlassablement dans cette quête, d’autres explorent l’élément liquide en s’y jetant littéralement, pour y vivre une expérience spirituelle ou scientifique. Certains vont jusqu’aux confins du monde chercher ses manifestations les plus singulières. Plus près de nous, l’eau s’exprime par ses contenants, verres, bouteilles de plastique et autres appareils ménagers, qui en disent long sur les relations paradoxales que nous entretenons avec elle. Sa densité symbolique offre une inépuisable polysémie : élément matriciel, miroir de la psyché ou encore image du lien entre les espèces vivantes. Elle ne laisse enfin d’être le lieu des tragédies de notre époque, désastres écologiques, naufrages de migrants, dont les artistes se font les témoins. Même dans ses apparitions les plus paisibles, l’eau demeure peu tranquille. Ce que nous racontent les œuvres, c’est que les ridules de sa surface, le bleu céruléen de ses piscines ou l’obscurité de ses profondeurs contiennent en germe des drames réels ou métaphoriques. Insaisissable, l’eau est pourtant à l’origine de tous les surgissements. »
Anne Malherbe
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In the monumental paintings of Adrien Belgrand, water is a moving mirror, in the reflections of which landscape and identity dissolve
“(...) How to represent this almost invisible surface, which merges with the canvas or paper support? If some tirelessly progress in this quest, others explore the liquid element by literally throwing themselves into it, to live a spiritual or scientific experience. Some go to the ends of the world to seek its most singular manifestations. Closer to us, water is expressed by its containers, glasses, plastic bottles and other household appliances, which say a lot about the paradoxical relationships we have with it. Its symbolic density offers an inexhaustible polysemy: matrix element, mirror of the psyche or even image of the link between living species. It finally remains the place of tragedies of our time, ecological disasters, shipwrecks of migrants, which artists witness. Even in its most peaceful appearances, the water remains uneasy. What the works tell us is that the fine lines of its surface, the cerulean blue of its pools or the darkness of its depths contain in germ real or metaphorical dramas. Elusive, water is yet at the origin of all the surges.”
Anne Malherbe
