Zélie Nguyen
La caverne rose d'or, 2026
Huile sur bois
65 x 62,5 cm
Copyright The Artist
La composition est construite par strates successives, ce qui donne une dimension théâtrale, presque scénographique. Le premier plan, très frontal, est occupé par un sol fleuri et l’ouverture de la...
La composition est construite par strates successives, ce qui donne une dimension théâtrale, presque scénographique. Le premier plan, très frontal, est occupé par un sol fleuri et l’ouverture de la grotte, qui installent immédiatement un rapport direct avec le spectateur. La barre verticale du manège traverse la peinture et structure l’espace : elle agit comme un axe qui divise la composition tout en guidant le regard de l’obscurité vers la lumière, de l’intérieur ombreux de la caverne jusqu’à la lumière saturée du coucher de soleil à l’horizon.Cette organisation me permet de souligner la tension entre deux espaces opposés, l’intérieur et l’extérieur. La caverne apparaît comme un lieu ambivalent, à la fois protecteur et inquiétant. Elle évoque cette ambiguïté que je perçois également dans les boîtes à musique ou les carrousels : derrière leur caractère enchanteur et familier il y a une forme d’étrangeté, voire de malaise. Je voulais interroger la notion de merveilleux, que je trouve trop souvent associée à une vision idéalisée de l’enfance, en soulignant la part d’ombre et de trouble qui peut l’habiter.Le tableau joue volontairement sur cette ambiguïté. Il a une apparence, immédiatement lisible, presque kitsch par certains aspects, mais ça contraste avec des significations plus complexes. La barre de manège surmontée du daim participe de cette dualité : elle renvoie à l’univers du conte et de l’émerveillement, tout en suggérant simultanément une dimension rituelle, voire sacrificielle. Du coup elle devient un symbole oscillant entre l’innocence du divertissement et une forme de gravité plus archaïque