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Group show: Condensations

Forthcoming exhibition
2 July - 26 September 2026
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Group show, Condensations
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Avec Stephen Whittaker, Zoé Thonet, Zélie Nguyen, Eugénie Modaï, Fabien Mérelle, Aurélie Bauer, Léonard Combier, Brigitte Niedermair, Jisoo Jung, Elina Kulich, Jean-Philippe Roubaud, Katia Bourdarel, Victor Gingembre, Antonin Heck, Léa Bouton, Agnès Pezeu.
 
Pour son exposition collective d’été, By Lara Sedbon réunit 8 artistes représentés et 8 invités autour d’un parcours qui questionne la lecture d’une œuvre - et la complexité qui peut l’habiter - à travers la notion d’étrangeté qui s’installe progressivement dans l’espace. En cultivant ce trouble familier qui surgit lorsque le connu se dérobe, chaque artiste explore cette frontière singulièrement. Le titre de l’exposition, Condensations, évoque le passage d’un état à un autre, du soleil à la lune – à l’image des sculptures de Victor Gingembre qui encadrent l’exposition.
 
Condensations accueille une sculpture de Fabien Mérelle représentant un crocodile en bois chevauché par l’artiste et sa plus jeune fille. Voyage paisible dans l’insouciance et les rêves de l’enfance, la pièce convoque pourtant la perception ambivalente de l’animal dans l’inconscient collectif. Une sculpture d’Antonin Heck en bronze, intitulée Rised interroge également le rapport à l’objet fantasmé. Source de narrations enfantines, de souvenirs et de secrets, le coquillage nous ramène ici à la réalité des matériaux de récupération utilisés par le sculpteur, à rebours de sa dimension naturelle. La peinture de Zélie Nguyen s’empare quant à elle d’un autre emblème de l’enfance – l’animal de manège – qu’elle translate d’un monde à un autre.
 
Certains artistes opèrent une transformation, un déplacement du regard, pour faire surgir l'étrange. Ainsi, Eugénie Modaï égrène une chevelure dessinée d’une multitude de fragments de matières colorées l’érigeant en montagne, comme un symbole à ne pas franchir. Elle viendra habiter cette montagne coiffée, d’un jardin construit in situ. Brigitte Niedermair traite aussi le sujet. Une chevelure-couteaux évoque une installation pyramidale qui s’achève en une lame ensanglantée. Son titre, Against woman violence apporte une lecture éclairée.
 
Restant dans cet espace liminal, Katia Bourdarel explore la porosité entre le corps féminin et le monde naturel : une main traverse le feuillage évoquant, peut-être, la résistance à la métamorphose. Le triptyque de Léonard Combier détourne avec humour les idées figées autour des commerces du quotidien (la pharmacie, la boulangerie, la boucherie) pour en faire de véritables théâtres de l'étonnement. La bibliothèque d’Elina Kulich nous entraine dans un tourbillon fantasmagorique où l’ivresse de la lecture semble métamorphoser l’espace. Sur un autre registre, les peintures d’Aurélie Bauer mettent en scène le quotidien du Caravage et, déplaçant elles aussi le regard, soulignent l'indigence et les petites mœurs qui entourent le grand maître.
 
Cette recherche se précise dans la série de dessins de Jean-Philippe Roubaud qui sonde le rapport à l’émerveillement à travers trois portraits de l’enfance à l’âge adulte. À l’aide d’une lampe de poche, chaque personnage éclaire les lignes de sa main dans la pénombre environnante. La notion de tangence, de transition, de passage d’un état à un autre se lit dans l’étonnement captif que provoque cette mise en lumière.
 
Ces questionnements donnent lieu à des propositions formelles où l’espace-temps se dilue, comme dans les paradis éthérés de Stephen Whittaker ou dans les béances de Jisoo Jung qui fondent toute trace de figuration dans les vestiges d’une organisation chromatique à saisir. Alors que la sculpture de Zoé Thonet témoigne de la plasticité de la forme et de sa valorisation par le cerveau, le monde ouvert de Léa Bouton échange les flux, les états de matière et crée des associations dystopiques.
 
L’exposition se conclut avec le visage sombre d’Agnès Pezeu. Les feuilles de porcelaine émergent comme des pensées aussi fragiles qu’instables : à l’image d’un jeu d’enfant, elles sont repositionnables. Alors, l’espace secret de l’esprit reprend ses droits et le vertige de la lecture redonne sa force à l’interprétation.
 

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